Le rock est mort


      Tu es une ombre de soie dessinée
      Sur la toile de mes idées

      Une ombre transparente, fine
      Comme une enfant qui devine
      Aux traits précis d'un enfant
      Qui connait tous les romans.
      Le soleil se fait lourd,
      La puissante tempête
      Courbe la tête
      Devant ton amour.
      Il faut rire et tuer.
      Tuer et rire.
      Sourire.
      Tuer ton amour.
      Petite fille.
      Rire de sa mort.
      Sourire
      Petite fille.

      Je suis sans lèvres
      Ma bouche est tendresse.
      Mon corps est fièvre.
      Ma bouche est précipice.
      Tu t'y glisses.
      Je suis sans ton corps
      Et mon courage s'envole encore.
      L'espérance s'empare du soleil
      Des larmes de sang sur le sol
      Sur mes jambes
      Larmes qui coulent
      Larmes sans chemin
      Larmes de tendresse
      Larmes sanglantes de l'amour
      Adieu à l'impureté.
      Je meurs de ne pas avoir pu aimer.
      Aimer son fantôme.
      Sans feindre le sourire.
      Sans sembler le bonheur.

      Aimer sans chercher la fin.
      Aimer sans but.
      Aimer sans rime.
      Aimer avec raison.
      Aimer pour être.
      Aimer pour créer.
      Aimer pour sentir.

      Sentir et vivre.
      Tu es seul.
      Tu es seul.
      Le rock se consume.
      S'efface et s'éteint.
      Le rock est mort.
      La guitare du diable se tait.

      Je suis îvre de tristesse
      Où es ta voix troublante
      Qui m'appelait dans les chemins de pierre??
      Le silence s'endort dans le cafard.
      La chanson du silence
      M'emplit l'âme
      D'une sourde angoisse,
      D'un cri de douleur inhumain.
      Là, il va falloir que je crie
      AHHHHHHhhhhHHhhahhhah
      Ma voix tu l'entends.
      Elle semble venir de notre âme sanglante.
      AHHHAHHHHHAAAAAA
      En vérité, elle vient de nos âmes sanglantes.

       

 texte de Bruno Bernier