La fille du métro

      La fille du métro
      Court après sa mort
      Elle en fait trop
      De plus en plus fort
      Vêtue en bleue et blanc
      Tennis au pieds de vent
      Courir dans les couloirs
      Dans le noir, du matin au soir
      Elle cherche l'air pur
      Elle pense que la nature
      C'est dans le métro
      Y a plus rien là haut

      La fille du métro
      Court de plus en plus fort
      Passe comme un oiseau
      Propre et blanc son corps.

      Elle ne vous voit pas
      Quand vous la croisez
      Elle passe comme une fusée
      Elle fuit le bruit des pas.

      La fille du métro
      A perdu toute sa tribu
      Elle veut hurler dans le micro
      Pour être reconnue.

      Elle échappe à vos yeux
      Elle fuit vos mains
      Elle veut pas de vos jeux
      Elle court du soir au matin.

      La fille du métro
      Veut pas aller en cage
      Elle crie non aux salauds
      Qui l'emmènent en otage.

      Elle se débat, enchaînée
      Vous passez sans voir
      Autre chose qu'une paumée
      Enlevée des couloirs.

      La fille du métro
      Emportée vers le haut
      Des mains sur son corps
      Va vers le soleil et sa mort.

      Elle a trouvé le couloir
      Qui va vers nulle part
      Plus besoin de courir
      Elle a vécu son avenir.

       

 texte de Bruno Bernier